Voir la loi à travers nos lunettes culturelles
Dannah Gresh : Saviez-vous que l’on peut voir l’amour de Dieu, même au travers de ses lois?
Dre Katie McCoy : En réalité, la loi de Dieu nous montre qui il est. Alors, en étudiant ces lois sur les femmes — aussi déroutantes qu’elles puissent sembler — on comprend qu’elles expriment le cœur même de la loi : aimer Dieu et aimer son prochain.
Dannah : Vous écoutez Réveille Nos Cœurs.
Peut-être faites-vous partie des milliers de femmes qui font le Voyage à travers la Bible cette année avec nous. À la fin de la section appelée la Loi, on a lu le livre du Deutéronome, avec des lois sur les témoins, le mariage et toutes sortes de sujets. En lisant certaines de ces lois, est-ce vous avez parfois été un peu mal à l’aise ? Perplexe ? Moi oui ! Si c’était aussi votre cas, je …
Dannah Gresh : Saviez-vous que l’on peut voir l’amour de Dieu, même au travers de ses lois?
Dre Katie McCoy : En réalité, la loi de Dieu nous montre qui il est. Alors, en étudiant ces lois sur les femmes — aussi déroutantes qu’elles puissent sembler — on comprend qu’elles expriment le cœur même de la loi : aimer Dieu et aimer son prochain.
Dannah : Vous écoutez Réveille Nos Cœurs.
Peut-être faites-vous partie des milliers de femmes qui font le Voyage à travers la Bible cette année avec nous. À la fin de la section appelée la Loi, on a lu le livre du Deutéronome, avec des lois sur les témoins, le mariage et toutes sortes de sujets. En lisant certaines de ces lois, est-ce vous avez parfois été un peu mal à l’aise ? Perplexe ? Moi oui ! Si c’était aussi votre cas, je pense que l’émission d’aujourd’hui va nous aider, vous et moi, à mieux comprendre tout ça.
Une des choses qui peut prêter à confusion par rapport à ces lois, c’est que certaines personnes affirment que la Bible dévalorise les femmes. Et tristement, certaines personnes abandonnent même le christianisme à cause de cela. Mais est-ce que cette affirmation est vraie ?
En réalité, la Bible accorde aux femmes une grande dignité, une vraie valeur. Contrairement à ce que beaucoup disent aujourd’hui, on ne trouve jamais dans l’Écriture quelque chose qui rabaisse ou méprise les femmes — ni les hommes d’ailleurs — car ils sont tous créés à l’image de Dieu. Il n’y a donc aucune place pour le mépris d’un sexe ou de l’autre. Et sous l’autorité de Dieu, sous sa souveraineté et sa Parole, il n’y a aucune place pour la maltraitance, ni des femmes ni des hommes.
Aujourd’hui, on va essayer de mieux comprendre pourquoi certains passages semblent déroutants pour nos oreilles modernes. Alors pour cela, on va donner la parole à Katie McCoy, qui est la directrice d’un ministère auprès des femmes au Texas (Texas Baptists). Elle est titulaire d’un doctorat en théologie systématique du Southwestern Seminary, où elle a enseigné pendant cinq ans. Ses recherches portent notamment sur les modèles de justice pour les femmes dans les lois de l’Ancien Testament, ainsi que sur l’intersection entre théologie, genre et études féminines.
Elle intervient et écrit régulièrement sur les questions liées aux femmes et au genre, et elle est l’auteure du livre To Be a Woman: The Confusion Over Female Identity and How Christians Can Respond. Alors, le titre long, en français: Être une femme : Comprendre la confusion actuelle et y répondre en tant que chrétien.
Pour notre podcast, c’est Rachel Denis qui prête sa voix à Katie McCoy.
Nancy DeMoss Wolgemuth: Nous sommes ravies de t’accueillir aujourd’hui, Katy ! Nous allons parler avec toi de choses vraiment intéressantes, mais aussi très déroutantes et problématiques pour beaucoup d’entre nous à savoir les lois de l’Ancien Testament concernant les femmes. C’est aussi un sujet que l’on entend souvent chez des jeunes en train de déconstruire leur foi, un argument qu’ils utilisent comme preuve qu’ils devraient s’en éloigner…
Katie : Oui, ces lois sont en fait un trésor, un véritable trésor !
Nancy : Il va falloir que tu nous aides à comprendre pourquoi c’est un trésor, parce que pour beaucoup d’entre nous, lorsque nous avons ce genre de conversations, surtout avec ces jeunes femmes en pleine déconstruction, on ne sait pas quoi répondre. Alors si tu nous emmenais avec toi à la découverte de l’une de ces lois de l’Ancien Testament concernant les femmes qui pose problème, pour nous aider à en percevoir la richesse ?
Katie : Avec plaisir. Une partie de ce qui rend ces textes si troublants, c’est qu’on s’y plonge sans avoir d’abord posé le cadre nécessaire pour comprendre le monde dans lequel on entre.
J’aime bien raconter une petite histoire quand on commence à aborder ce sujet. L’histoire raconte qu’un groupe d’hommes d’affaires accueillait une délégation chinoise pour conclure un accord commercial très important. C’était énorme — vraiment — ils essayaient de décrocher ce contrat depuis des mois.
Ils font donc venir ces dirigeants de Chine et les invitent à dîner dans le meilleur restaurant de la ville. Les cadres chinois arrivent, et les Américains leur disent simplement : « Oh, asseyez-vous où vous voulez. Entrez, installez-vous où ça vous plaît. »
Le dîner se déroule, et tout semble bien se passer. Les américains sont très contents de la façon dont la soirée s’est déroulée. Puis, le lendemain matin, ils reçoivent un appel : l’accord est annulé. Les invités sont profondément offensés.
Ils se demandent alors : « Mais qu’on a fait ? On a tout fait ! On a déroulé le tapis rouge, on les a emmenés dans le meilleur restaurant possible, on les a accueillis chaleureusement. Qu’est-ce qui s'est passé ? »
Et puis ils ont compris : lorsqu’ils ont dit « asseyez-vous où vous voulez » , cela a été perçu comme un manque de respect. Car la culture chinoise valorise la hiérarchie. Et avec cette hiérarchie, le dirigeant principal aurait dû être placé à une position d’honneur. Il aurait fallu réfléchir à la place de chacun autour de la table pour exprimer le respect.
Nancy : Ces professionnels se sont mal compris parce qu’ils n’avaient pas une vision d’ensemble.
Katie : Oui, ils ont abordé la situation avec des cadres culturels très différents. Et même à notre époque, à l’ère de l’information et d’internet où vous pouvez tout apprendre et avoir accès à une immense quantité de connaissances, on vit encore ce genre de malentendus. Alors, imaginez à quel point les décalages culturels peuvent être encore plus grands lorsqu’on examine la culture biblique vieille de plusieurs milliers d’années, dans une époque et un lieu totalement différents.
Vous savez, lorsqu’on aborde la Bible, on le fait avec ce que j’appelle nos lunettes culturelles. Oh, on ne s’en rend pas compte. Mais on a toutes ces lunettes. On a toutes un filtre avec lequel on lit l’Ancien Testament.
Or, à cause de cela, il nous arrive souvent de regarder l’Ancien Testament et de penser qu’il est dur envers les femmes, qu’il est oppressif pour elles, qu’il est misogyne. Peut-être qu’on ne le dit pas à voix haute, parce que ce n’est pas ce que font les bonnes chrétiennes. Mais la réalité, c’est qu’on peut lire certains de ces passages, surtout dans la loi de l’Ancien Testament, et ressentir que cela semble en décalage avec le Dieu qu’on connaît, en particulier dans le Nouveau Testament. Qu’est-ce qui se passe ?
Ce qui nous vient à l’esprit lorsqu’on pense à la loi de l’Ancien Testament reflète souvent notre bagage culturel. Alors, qu’est-ce qu’on doit faire ? Et bien, on doit essayer d'enlever nos lunettes culturelles et comprendre celles de la Bible. C’est par là qu’on va commencer aujourd’hui.
On a toujours besoin de la loi de l’Ancien Testament. Il est si facile de penser : « Oh, c’est l’Ancien Testament, on n’a pas besoin de le connaître. Jésus nous en a délivrés. » En réalité, il nous a délivrés de la condamnation liée à notre désobéissance à la loi. On n’est plus en relation avec Dieu sur la base de notre capacité à observer sa loi.
Mais comme l’enseigne l’épître aux Romains, nous sommes désormais sauvés afin de pouvoir accomplir la loi de Dieu. Et la loi de Dieu se résume en quoi ? « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. [...] Et voici le deuxième, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Matthieu 22.37–39).
Aussi surprenant que cela puisse paraître, quand on étudie ces lois concernant les femmes, cela exprime le but ultime de la loi, qui se résume dans l’amour pour Dieu et l’amour les uns pour les autres. En fin de compte, la loi de Dieu révèle celui qui a donné cette loi.
Voilà ce qu’on doit comprendre : chaque fois qu’on parle d’une loi — n’importe quelle loi, qu’elle soit biblique ou civile — toute loi repose sur une affirmation morale. Derrière chaque loi qui a été établie, si vous remontez à son origine, vous trouverez une affirmation morale : quelque chose que les gens devraient faire ou ne devraient pas faire. Ces « devoirs » et ces « interdits » reflètent des cadres moraux — ce qui est bien, ce qui est mal. Ainsi, lorsqu'on découvre la loi de l’Ancien Testament, on découvre le cadre moral de Dieu, et cela inclut les lois qui concernent spécifiquement les femmes.
Je ne sais pas où vous vivez, vous qui nous écoutez, mais moi je vis en Occident. L’Occident au sens d’Aristote et de la philosophie occidentale. Et il se caractérise par la valorisation de l’individu.
C’est d’ailleurs en partie le résultat de l’influence du christianisme. Cela veut dire que chaque individu compte, peu importe ses ressources, son genre ou son origine ethnique. La culture occidentale met particulièrement l’accent sur la valorisation individuelle. Par exemple, la société américaine contemporaine est très individualiste, et ça ne va pas en s’arrangeant.
Nancy :Oui, presque jusqu’à en faire une idole, n’est-ce pas ?
Katie : Complètement.
Nancy : Oui, souvent ça va trop loin.
Katie : Pensez à ces slogans en trois mots : « sois toi-même » ; « suis ton cœur » ; « vis ta vérité » .
Notre culture aujourd’hui accepte généralement que votre ressenti à propos de vous-même soit égal à la vérité. Et « votre vérité » , entre guillemets, devient la vérité — une vérité que tout le monde devrait accepter, affirmer et à laquelle chacun devrait se conformer. On peut donc déjà voir qu’en abordant la Bible, qui appartient à une culture totalement différente, il va y avoir des tensions.
La Bible ne provient pas d’une culture individualiste. Elle n’a pas été écrite pour une culture individualiste. Son public d’origine appartenait à une culture collectiviste. Or, dans une culture collectiviste, le bien suprême consiste à agir pour le bien de sa famille ou de sa communauté. Si vous aviez des désirs ou des ambitions personnels et que vous y renonciez pour votre famille ou votre communauté, cela vous rendait honorable. C’était très valorisé.
Dans notre culture individualiste, si vous allez à l’encontre des traditions de votre famille et de votre communauté pour suivre ce que vous avez à cœur, avec assurance et individualité, c’est ça qui est célébré et valorisé.
On va prendre un exemple très simple. Imaginez que mes parents soient venus dans ce pays sans rien. Ils sont arrivés aux États-Unis sans rien depuis un autre pays. Ils ont investi tout ce qu’ils avaient pour ouvrir une entreprise. Ils ont créé cette entreprise avec l’espoir que je la reprenne un jour et que je prendrais soin d’eux dans leur vieillesse. Et, en même temps, que je pourrais subvenir aux besoins de ma propre famille grâce à cette entreprise.
Il n’y a qu’un problème : moi, je veux devenir actrice à Broadway, et je ne veux pas faire ce que mes parents attendent de moi. Je veux devenir une star célèbre à Broadway. Selon vous, quelle est la meilleure histoire ? Ou plutôt, quelle version ferait un bon film ?
Nancy : Oui, quelle est la version du rêve américain ?
Katie : Exactement. Même si on pourrait dire : « Raisonnablement, la bonne chose à faire serait de reprendre l’entreprise familiale » , mais au fond de nous, on aurait envie que cette fille poursuive son rêve de devenir actrice à Broadway. La manière dont on imagine la « fin en conte de fée » de cette histoire reflète en réalité notre propre culture.
Nous, en tant qu’individualistes, on regarde des éléments de la Bible qui sont écrits en pensant aux communautés et aux familles, et on peut facilement croire que cela nuit aux femmes, qu’elles sont traitées comme des objets, en oubliant qu’elles sont des personnes à part entière. Alors qu’en réalité, c’est simplement que la Bible s’inscrit dans un système culturel complètement différent.
Et cela, ce n’est que la première étape pour poser le cadre.
Nancy : … ça c’est important. Il faut vraiment prendre conscience de cela, dans une culture individualiste comme la nôtre. Se rappeler que la Bible a été écrite dans un contexte culturel plus communautaire et collectif. Si on en est conscient, ça nous aide à mieux comprendre et interpréter la Parole de Dieu.
Mais je crois qu’il existe d’autres filtres culturels qu’on a besoin de mettre en lumière, n’est-ce pas ?
Katie : Oui. Il y a aussi une autre différence. On vit dans ce qu’on appelle une culture de culpabilité et d’innocence. La Bible, elle, a été écrite dans une culture d’honneur et de honte. Cela peut sembler subtil, mais c’est très différent.
Ainsi, lorsque vous et moi on enfreint une loi… disons qu'on grille un feu rouge. On est arrêtés, et on est coupables. On a brûlé le feu. Ce qu’on doit faire, c’est réparer : payer une amende, puis on est rétablis. On a fait une restitution. On retrouve une bonne position parce qu’on a payé une dette. L’opposé de la culpabilité, c’est l’innocence : vous êtes innocent de cette faute ou de cette transgression.
Dans la culture biblique, les notions de culpabilité et d’innocence existent toujours, et bien sûr on voit que le Seigneur Jésus paie notre dette et nous restaure — non pas simplement à l’innocence, mais à sa justice.
Mais dans une culture collectiviste, il ne s’agit pas d’abord de culpabilité ou d’innocence, mais d’honneur ou de honte. La différence réside dans votre relation à la communauté. Si vous faites ce qui est bien, vous avez de l’honneur dans la communauté. Mais transgresser les attentes, aller contre les commandements du Seigneur, désobéir à ses parents, cela apporte la honte.
La honte entraîne l’exclusion. Ainsi, lorsqu’une personne est rétablie dans son honneur, elle n’est pas principalement vue comme innocente, mais plutôt comme quelqu’un qui est réintégré dans la communauté — après en avoir été exclue, ce qui était une situation de honte. Quand l’épître aux Hébreux (13.12) dit que Jésus a souffert à l'extérieur de la ville, il était exclu. Cela fait partie du fait qu’il portait notre honte. L’exclusion était considérée comme l’une des pires punitions : être en dehors de sa communauté.
À cause de cela, les péchés individuels ont un impact communautaire majeur. C’est pourquoi l’intégrité sexuelle, en particulier chez une personne, reflète l’honneur de toute une famille. L’obéissance ou la désobéissance d’un individu n’affecte pas seulement cette personne — cela, c’est une vision de culpabilité ou d’innocence. Au contraire, votre obéissance ou votre désobéissance individuelle affecte l’ensemble.
Ainsi, lorsque vous lisez dans le Deutéronome comment le peuple doit réagir face à l’idolâtrie chez un voisin ou un membre de la famille, cela devient leur responsabilité. Ce n’est pas : « Oh, ce n’est qu’un parent éloigné. » Non, c’est une question communautaire. Cela nous aide à comprendre beaucoup de ces lois qu’on lit : pourquoi tout le monde est-il impliqué dans la sanction ? Parce que dans une culture d’honneur et de honte, la moralité a des conséquences communautaires.
Ensuite — et c’est un point majeur — vient le patriarcat.
Nancy : Oh! Là, ça fait réagir ! Alors, parlons-en, du patriarcat !
Katie : Ce mot, « patriarcat » , est souvent employé dans des expressions comme « patriarcat toxique » ou « à bas le patriarcat » . Dans notre monde post-féministe, l’idée de patriarcat est souvent considérée comme la racine de toute inégalité et de toute oppression des femmes.
Le patriarcat signifie littéralement « autorité du père » — pater signifie père. Il désigne l’idée d’une communauté ou d’une famille organisée autour du père.
Je vais être honnête : patriarcat, autorité du père, système centré sur le père… aucun de ces termes ne semble particulièrement attirant en soi, n’est-ce pas ? Pourquoi ? Parce que nous sommes individualistes. On est conditionnés à voir le monde à travers des lunettes très centrées sur nous-mêmes. L’autonomie, on conduit nous même notre barque — ce sont les valeurs de notre culture.
Or, dans un système patriarcal, surtout dans la culture du Proche-Orient ancien comme celle de la Bible, le patriarcat fonctionnait simplement comme une forme de gouvernement local. C’était une réalité normale de la vie. Le patriarche — c’est-à-dire l’homme le plus âgé d’une famille ou d’un clan — exerçait son autorité sur toute la maisonnée. Il était au centre de tout le foyer.
Concrètement, cela signifiait que ce patriarche était responsable de toutes les personnes sous sa garde. Et je ne parle pas seulement de son épouse et de ses enfants. Je parle aussi de la famille élargie, des serviteurs, des personnes travaillant sur ses terres, des voyageurs de passage. Il n’y avait pas d’hôtels à l’époque. Les gens logeaient chez d’autres, dans des maisons familiales ou des clans. Les étrangers vivant parmi les Israélites faisaient aussi partie de cet ensemble. Toutes ces personnes pouvaient résider dans une même maisonnée, qui était vaste et étendue.
Le patriarche était donc responsable de tous ceux qui étaient sous sa charge. S’il ne prenait pas bien soin d’eux, c’était un déshonneur pour lui. C’était une honte. Encore une fois, on entend cela avec une mentalité individualiste, mais dans la culture biblique, le patriarche représentait également toute sa maisonnée.
C’est pour cela qu’il existe certaines lois qui exigent que les hommes viennent accomplir une obligation religieuse. Ce n’est pas parce que « nous ne voulons pas des femmes » , mais parce que cet homme représente et est le chef de ce foyer particulier.
Or, bien souvent — et sans même nous en rendre compte — on associe l’autorité à ce qu’il y a de plus valorisant. On pense que diriger ou être responsable signifie être supérieur. Après tout, personne ne veut être second, n’est-ce pas ? Mais dans la culture biblique, plus vous avez d’autorité, plus vous avez de responsabilités.
Nancy : Elle est vraiment importante, cette notion de responsabilité dans la pratique d’une autorité !
Katie : Le théologien Daniel Block explique que c’est une erreur fondamentale de ne pas faire de distinction entre autorité et propriété. Les hommes avaient une autorité — c’était une culture patriarcale d’autorité — mais cela ne signifiait pas que les femmes leur appartenaient. Les femmes dépendaient des hommes, mais elles n’étaient pas leurs esclaves. Elles n’étaient pas la propriété des hommes.
L’idéal du leadership et de l’autorité dans toute la Bible est celui du service : celui d’un mari et d’un père qui utilise son autorité de manière à servir le bien de tous ceux qui sont sous sa responsabilité.
On ne peut donc pas dire : « Les lois bibliques, écrites dans une culture patriarcale, étaient automatiquement oppressives pour les femmes. » On ne peut pas l’affirmer.
On va prendre un exemple concret. En ce qui nous concerne, en tous cas toi et moi, on vit en démocratie. On (nous les femmes) peut voter. On peut exercer des fonctions publiques. On peut posséder des terres, diriger une entreprise, dire ce qu’on veut. Les femmes sont-elles moins maltraitées pour autant ? Non. Pourquoi ? Parce que le problème ne réside pas principalement dans la structure de notre culture ou de notre système politique. Le problème réside avant tout dans la condition du cœur humain. Les lois et les cultures ne changent pas les comportements : elles punissent les mauvais comportements, mais elles ne rendent pas les gens justes. Et cela, on le sait grâce à la Bible, n’est-ce pas ?
Voilà encore un point important à comprendre : dans cette culture, le mariage est essentiel pour la vie d’une femme. Si vous n’êtes pas mariée, vous n’avez pas de foyer. Vous n’avez pas de source stable de nourriture. Vous n’avez pas d’enfants pour prendre soin de vous dans votre vieillesse. Ainsi, à moins d’être sous la responsabilité de la maison de votre père, vous êtes livrée à vous-même. Vos options sont donc les suivantes : être la fille de votre père ou l’épouse de votre mari. Encore une fois, il s’agit d’une différence culturelle.
Ainsi, lorsqu’une femme devient veuve, ou lorsqu’un événement survient dans sa vie qui affecte complètement ses plans de mariage, c’est dévastateur. Ce n’est pas seulement du chagrin, ce n’est pas seulement la douleur du veuvage ou celle du célibat. Non. C’est une catastrophe socio-économique. Et lorsqu’on comprend cela, cela nous aide à voir de nombreuses lois concernant le mariage des femmes sous cet angle : comme quelque chose qui vient réellement en aide aux femmes qui ont besoin de la sécurité qu’offre le mariage.
Ainsi, la loi de Dieu révèle son caractère, et elle révèle son caractère à un moment précis de l’histoire, dans une culture particulière.
Dannah : Dans cet épisode, on a donc posé les bases pour un plongeon dans des lois spécifiques de l’Ancien Testament — les lois écrites pour les femmes. Et, ce plongeon, on va le faire dans notre prochain épisode, dans lequel on abordera concrètement certaines des lois les plus difficiles concernant les femmes.
Saviez-vous que, selon l’Ancien Testament, lorsqu’une femme donnait naissance à un garçon, elle devait être traitée différemment que lorsqu’elle donnait naissance à une fille ? Oui, c’est vrai. Et on essaiera de comprendre tout cela la prochaine fois. Alors, j’espère vous retrouver ici, sur Réveille Nos Cœurs, pour la suite. A tout bientôt!
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Tous les extraits de la Bible sont tirés de la version Segond 21.
Réveille Nos Cœurs est le ministère francophone de Revive Our Hearts avec Nancy DeMoss Wolgemuth.
Avec les voix de Christine Reymond, Jeannette Kossmann et Rachel Denis.
Quelle que soit la saison de votre vie, Réveille Nos Cœurs vous encourage à trouver la liberté, la plénitude et à porter du fruit en Christ.