Franchir la ligne d’arrivée
Dannah Gresh : Robert Wolgemuth a voulu aider les gens à vraiment aborder le délicat sujet de la fin de leur vie.
Robert Wolgemuth : Alors imaginez-vous qu’on se trouve vous et moi dans votre café préféré. On va aborder un sujet dont vous n’avez probablement pas trop envie de parler. Alors… Prêts ? Vous allez mourir. Un jour, votre cœur battra pour la dernière fois. Vous fermerez les yeux… et ce sera fini. Ce sera pareil pour moi, moi aussi je vais mourir.
Dannah : Robert a voulu aider les gens à se préparer pour l’éternité, alors, il a écrit un livre intitulé Finish Line (La ligne d’arrivée).
Robert : La personne qui m’a inspiré ce livre, c’est ma femme, celle avec qui j’ai été marié pendant presque quarante-cinq ans. Je l’ai vue doucement s’avancer vers le ciel. C’était une battante — une vraie guerrière. …
Dannah Gresh : Robert Wolgemuth a voulu aider les gens à vraiment aborder le délicat sujet de la fin de leur vie.
Robert Wolgemuth : Alors imaginez-vous qu’on se trouve vous et moi dans votre café préféré. On va aborder un sujet dont vous n’avez probablement pas trop envie de parler. Alors… Prêts ? Vous allez mourir. Un jour, votre cœur battra pour la dernière fois. Vous fermerez les yeux… et ce sera fini. Ce sera pareil pour moi, moi aussi je vais mourir.
Dannah : Robert a voulu aider les gens à se préparer pour l’éternité, alors, il a écrit un livre intitulé Finish Line (La ligne d’arrivée).
Robert : La personne qui m’a inspiré ce livre, c’est ma femme, celle avec qui j’ai été marié pendant presque quarante-cinq ans. Je l’ai vue doucement s’avancer vers le ciel. C’était une battante — une vraie guerrière. Sa mort a été un catalyseur pour moi pour affronter ma propre peur de la mort. Je n’ai vraiment plus peur de la mort. Vraiment. Je crois qu’il peut en être de même pour vous.
Dannah : Vous écoutez Réveille Nos Cœurs.
Il y a des événements qui nous marquent profondément. Des drames soudains, des départs qui laissent un grand vide, des vies qui s’éteignent. Ils nous confrontent à une réalité que nous préférons souvent éviter : la mort. Pourtant, cette mort fait partie du monde dans lequel nous vivons ici-bas.…
Dans la famille de Réveille Nos Cœurs, le mari de notre amie Nancy, Robert Wolgemuth, est parti rejoindre le Seigneur. Il a été hospitalisé le soir du réveillon de Noël, en 2025.
Et ce jour-là, Nancy a partagé avec ses proches que le verset qui lui venait à l’esprit, le Psaume 118, verset 24 : « Voici le jour que l’Éternel a fait : qu’il soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie. » Nancy a continué de se réjouir dans le Seigneur, à travers les hauts et les bas pendant que Robert se trouvait à l’hôpital. Elle terminait toujours ses messages avec cette phrase que vous avez sûrement déjà entendue : « Le Très-Haut règne. » , tout est entre les mains de Dieu.
Robert a été marié à Barbara “Bobbie” Wolgemuth pendant quarante-quatre ans. Ils ont eu deux filles : Missy et Julie. Il a épousé Nancy Leigh DeMoss en 2015.
Pour en savoir plus et découvrir une vidéo sur la belle histoire d’amour entre Robert et Nancy, vous pouvez visiter le site Reveillenoscoeurs.com. Vous trouverez un lien vers cette vidéo dans la transcription de ce podcast.
Robert est décédé le 10 janvier dernier, et aujourd’hui, nous souhaitons lui rendre hommage en diffusant une interview réalisée avec lui en 2023. Il venait tout juste de publier un livre pour aider les lecteurs à se préparer à entrer dans l’éternité. Le livre s’intitule Finish Line (La ligne d’arrivée) : Chasser la peur, trouver la paix, se préparer à la fin de sa vie. A l’époque, nous avions commencé l’interview avec cette question: pourquoi avoir écrit un livre sur la mort? Voici la réponse à cette première question. C’est François Reymond qui prête sa voix à Robert Wolgemuth.
Robert : Il y a quelques années, j’avais écrit un livre intitulé Gun Lap. C’est une expression qu’on utilise dans les courses d’athlétisme : c’est le dernier tour de piste. Quand le coureur en tête commence son dernier tour, le starter tire un coup de pistolet — c’est ce qu’on appelle le gun lap. Dans certaines courses, c’est une cloche qu’on fait sonner, on appelle ça le bell lap.
Mais Gun Lap, ce n’était pas un livre sur la mort. C’était un livre pour aider à vivre au mieux ce dernier tour. C’était un encouragement pour les hommes de mon âge. J’y parlais des luttes propres à cette étape de la vie : le corps qui nous lâche, les relations qui changent… Et ce livre a reçu un très bon accueil.
Mais j’ai eu envie d’écrire la suite, parce que le gun lap, c’est bien, mais il faut franchir la ligne d’arrivée. Le vrai défi, c’est cette dernière ligne droite, quand on passe la ligne et qu’on casse le ruban.
Comme vous le savez, j’ai une expérience personnelle très directe avec la mort. Et j’ai voulu raconter cette histoire en détail. J’ai voulu encourager mes lecteurs à affronter leur propre mort en toute quiétude. Parce que, vous savez, la mort, c’est du 100 %. On va tous mourir — sauf si Christ revient, ou si on est enlevés comme Énoch ou emportés dans un char de feu comme Élie. Ce serait chouette, quand même !
Dannah : (Rires) Oui, c’est vrai !
Robert : Alors voilà, j’ai été marié à Bobbie pendant presque quarante-cinq ans. On s’est mariés en 1970. On était tout jeunes. J’avais vingt-deux ans, et elle en avait vingt.
En février 2012, trente mois avant que Bobbie ne parte rejoindre le Seigneur, on s’est rendus à un rendez-vous médical, chez un oncologue. On n’avait jamais vu d’oncologue auparavant, parce qu’un oncologue, c’est un médecin spécialisé dans le cancer. Et jusque-là, on était tous en bonne santé. Il n’y avait rien dans nos antécédents, ni parmi nos amis, nos relations ou dans notre famille, qui était lié au cancer.
Mais ce jour-là, on est allés dans une clinique à Orlando. On s’est assis dans le bureau d’un oncologue bien connu. Il nous a donné une mauvaise nouvelle : Bobbie avait un cancer des ovaires de stade 4. Contrairement à d’autres cancers que les femmes peuvent rencontrer, comme le cancer du sein, celui des ovaires est très sournois. Il arrive en silence. C’est une maladie très discrète.
C’était son tout premier rendez-vous… et elle était déjà au stade 4. Je n’oublierai jamais, ce moment où je suis entré dans la salle d’attente. J’étais avec notre fille cadette, Julie. Les portes de l’ascenseur se sont ouvertes, et dans la pièce, il y avait peut-être quarante femmes. Beaucoup étaient accompagnées d’hommes, leurs maris, et presque toutes étaient chauves. Ma femme, Bobbie, elle, avait une chevelure magnifique, épaisse, incroyable. Et là, en regardant autour de moi, je me suis dit : « Eh bien, ça y est. Ma vie va basculer. »
Le livre commence donc avec le récit des funérailles de Bobbie, qui ont eu lieu début novembre 2014. Elle est décédée à la fin octobre. Ce que je voudrais partager n’est pas seulement à propos des funérailles, mais le témoignage de Bobbie elle-même… c’est la façon dont elle a vécu tout ça : sa propre mort qui approchait. Elle a enlevé de mon cœur toute angoisse de mourir. La manière dont elle a traversé tous les traitements, toutes les épreuves… elle ne s’est jamais plainte.
Quand je raconte ça, les gens me disent : « Allez, sérieusement ? Jamais ? » Et je vous le dis, devant Dieu, elle ne s’est jamais plainte.
Elle a participé à un essai clinique qui l’a laissée avec une douleur constante, elle ne pouvait pas trouver de position confortable. C’était en plein été, et elle était allongée au lit avec un bonnet en laine et des couvertures par-dessus, parce qu’elle grelottait de froid. Mais elle ne s’est pas plainte. Elle nous a montré, à moi et à ses amies, comment traverser tout ça avec grâce.
Dans ce livre, j’ai voulu écrire son témoignage, son histoire, qui était extraordinaire. Mais j’ai aussi voulu m’encourager moi-même en tant qu’auteur, et également encourager mes lecteurs : nous aussi on peut affronter la même chose. On peut traverser ces épreuves avec grâce. On faire face à tout cela avec confiance. Le Seigneur sait exactement ce qu’il fait.
En fait, quand le cancer de Bobbie a été diagnostiqué, mes filles et moi, le jour même, on s’est dit : c’est une surprise pour nous, mais pas pour Dieu. Lui, il savait déjà. On n’a pas peur. On n’est pas en colère. On va voir cela comme un cadeau. Et un cadeau, par définition, c’est une surprise qu’on ne s’attend pas à recevoir, qu’on ne mérite pas. Non ? Donc c’est un cadeau.
Et on s’est aussi promis une dernière chose : notre but, c’est que cette épreuve devienne un témoignage pour Christ. Qu’on puisse faire connaître Jésus à ceux qui ne le connaissent pas. Et qu’à travers cette aventure bouleversante, on puisse partager l’Évangile. Le Seigneur a répondu à cette prière… tout en douceur.
Dannah : Robert, la question nous vient certainement à tous: est-ce que vous n’avez pas voulu prier pour la guérison de Bobbie?
Robert : On n’a pas vraiment prié pour que Bobbie soit guérie, parce que parfois, ça peut sembler présomptueux… comme si on connaissait exactement la volonté de Dieu ! Bien sûr qu’on voulait qu’elle guérisse. On n’aimait pas ça, on détestait ce cancer. Moi, je le déteste toujours. Mais on voulait vraiment remettre ça entre les mains du Seigneur. On avait confiance, que ce soit la guérison ou la mort, que c’était lui qui aurait le dernier mot, et qu’il saurait ce qui est le meilleur pour notre famille.
Pendant tous ces traitements, on n’a pas utilisé CaringBridge. En fait, CaringBridge commençait à se développer à ce moment-là, et c’est une très bonne plateforme. Ce que je faisais, j’envoyais des e-mails à nos amis pour leur donner des nouvelles. Ce n’était pas trop des nouvelles sur le plan médical. Je voulais surtout partager avec eux : « Voici ce que le Seigneur est en train de nous apprendre à travers cette épreuve. » Et les réponses qu’on recevait étaient incroyables.
En aparté, comme vous le savez, l’une des personnes qui recevaient ces messages, c’était une de mes clientes, que je conseillais pour l’édition de ses livres. C’était Nancy Leigh DeMoss. Et en fait, Nancy a regardé les funérailles en direct, et elle m’a envoyé un e-mail juste après en disant : « J’aimerais diffuser certains passages dans Revive Our Hearts. » Il y a longtemps maintenant, Nancy a diffusé une partie du service funèbre de Bobbie dans Revive Our Hearts. Et qui aurait pu imaginer qu’un an plus tard, je demanderais cette même Nancy en mariage ?
La providence de Dieu, sa prescience est indescriptible tellement elles sont incroyables. Ce n’est pas un long fleuve tranquille. Il faut souvent affronter l’adversité. Mais c’est toujours bon pour nous.
À l’époque, Nancy était une femme de cinquante-sept ans, jamais mariée que je connaissais sur le plan professionnel comme son agent. Le Seigneur a été tellement bon avec nous. Je sais que toi et ton mari êtes très proches de Nancy, vous avez partagé beaucoup de choses ensemble. Je sais que vous comprenez à quel point elle est un cadeau pour moi. Le fait d’avoir pu prendre part au ministère de Revive Our Hearts, c’est aussi une immense chance pour moi.
Revenons à Bobbie. Elle est entrée dans l’éternité à la fin octobre 2014. J’ai voulu raconter son histoire. Le sous-titre de Finish Line est très explicite : « Chasser la peur, trouver la paix, se préparer à la fin de sa vie. »
J’ai donc beaucoup médité là-dessus. Mais la nuit dernière, je n’arrivais pas à dormir, je réfléchissais à la préparation de notre conversation… et j’avais envie de décortiquer ce sous-titre mot par mot pour encourager ceux qui nous écoutent en ce moment.
Dannah : C’est une très bonne idée. On va répéter ce sous-titre encore une fois : « Chasser la peur, trouver la paix, se préparer à la fin de sa vie. » Robert, comment ton expérience de la mort a-t-elle chassé la peur ?
Robert : Eh bien, je n’avais jamais été aussi proche de la mort. C’est d’ailleurs par cette question que je commence le livre : « Quand avez-vous vu un mort pour la première fois ? » Je veux dire, pour beaucoup d’adultes, à part dans un salon funéraire où le défunt est maquillé, bien habillé et figé… beaucoup de gens n’ont jamais vu un mort en dehors de ce contexte.
Je raconte ma première expérience avec la mort, un été, quand j’étais enfant. Je nageais dans un lac, et un homme s’est noyé. C’est la première image que j’ai eue d’une personne décédée.
Mais quand la personne décédée, c’est votre épouse depuis presque quarante-cinq ans — celle avec qui vous avez eu des enfants, passé presque toute votre vie, déménagé plusieurs fois, etc. — quand c’est cette personne-là, et que le compte à rebours est enclenché… alors une angoisse immense vous saisit.
Ça me fait penser à cette fois où un joueur de football américain s’est effondré sur le terrain. Il jouait pour les Buffalo Bills. Il a plaqué un adversaire, s’est relevé, s’est retourné, puis il est tombé à terre. Il s’appelait Damar Hamlin.
Dannah : Je m’en souviens. On a tous vu ça à la télé en direct.
Robert : Le match s’est transformé en réunion de prière.
Dannah : Oui. Les présentateurs priaient à l’antenne.
Robert : Oui, c’était incroyable. Ce commentateur s’appelait Dan Orlovsky. Il a dit : « Il faut prier maintenant, tout de suite. » C’était comme un moment sacré… sur une chaîne de télévision !
Dannah : Oui.
Robert : Pourquoi ? Parce que quelqu’un était en train de mourir. En fait, quand il est tombé au sol, il était déjà mort. Son cœur avait cessé de battre.
Dannah : Oui. Et les joueurs l’avaient compris, parce qu’ils ont commencé à prier.
Robert : Exactement.
Dannah : Ce n’était pas une prière « classique » , genre « Seigneur, donne nous la sagesse de faire ce qu’il faut » . Non, c’était vraiment…
Robert : Oui, je vois ce que tu veux dire.
Dannah : C’était une véritable intercession, là, sur la pelouse du terrain de football.
Robert : Incroyable. C’est vrai. Tout le monde s’en rendait compte.
Vous savez, le père de Nancy est lui aussi mort brutalement à cinquante-trois ans. Il jouait au tennis un samedi matin. Il venait de déposer Nancy à l’aéroport de Philadelphie, puis il est allé jouer, et il a eu une crise cardiaque foudroyante. Il était mort avant même de toucher le sol.
Eh bien, 30 % d’entre nous mourront comme ça. Je veux dire, on discute tranquillement, on prend un café, on se promène avec son conjoint… et tout à coup, on tombe. La lumière s’éteint.
Dannah : Sérieusement ? Trente pour cent ?
Robert : Oui. Et les 70 % restants vont en quelque sorte « quitter la scène progressivement » — cela peut prendre plus ou moins longtemps. Mais quand on lit les « dernières paroles » des personnages célèbres, ce sont souvent ceux du deuxième groupe, ceux qui ont eu un peu de temps entre le moment où ils ont su qu’ils allaient mourir et leur décès, qui ont pu dire quelque chose d’important.
En fait, dans mon livre, je partage certaines citations de personnages célèbres. Par exemple, quand W.C. Fields, un acteur américain, était sur le point de mourir… des gens sont entrés dans sa chambre. Il était connu pour être un agnostique endurci. Et là, ils l’ont trouvé en train de lire la Bible.
Ils lui ont demandé :
— « Monsieur Fields… c’est quoi, ce livre ? »
Il a répondu :
— « C’est la Bible. »
— « Et comment ça se fait que vous la lisiez ? »
— « Je cherche une faille. »
Et il est mort.
Dannah : (Rires) On dirait qu’il n’avait pas trouvé de faille.
Robert : Exactement.
Quand la mort approche, la réaction instinctive, partout dans le monde, c’est la peur. C’est universel. D’ailleurs, pendant la pandémie de COVID-19… qu’est-ce qui dominait dans le monde entier ? La peur. Peur de quoi ? Peur de mourir. Les gens ont peur de mourir.
Alors oui, je pense que certaines choses qu’on a faites pour se protéger, ou pour protéger les autres, ont peut-être été un peu excessives. Et je pense qu’avec le temps, les recherches et les statistiques le confirmeront. Mais au fond, c’est ça : les gens ont peur de mourir.
Et justement, le but de mon livre, son objectif, c’est d’aider à chasser cette peur.
Le tout premier chapitre du livre s’intitule : « Alerte spoiler : le ciel est réel. » Un ami proche de Nancy, Randy Alcorn, a écrit une recommandation pour mon livre. Une seule. Dès le début, je m’étais dit : « Si je peux avoir Randy, je n’ai besoin de personne d’autre. »
Dannah : Non, tu n’as besoin de personne d’autre ! C’est lui qui a écrit Heaven (Le ciel), justement.
Robert : Exactement.
Alors, dans le livre, je parle du ciel. Et oui, c’est quelque chose de bien réel. Il y a de très belles histoires autour des funérailles, et de la façon dont on rend hommage à ceux qui sont partis rejoindre le Seigneur.
Et il y a ce verset tiré de 1 Corinthiens 2. Quand Bobbie tombait de plus en plus malade, je parierais qu’elle l’a cité au moins deux cents fois. (En vrai, c’était bien plus que ça… mais je ne veux pas qu’on dise que j’exagère !)
Le voilà :
« Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, Dieu l’a préparé pour ceux qui l’aiment. » (1 Corinthiens 2.9)
Bobbie peignait beaucoup, notre maison était remplie de portraits, de toiles… au moins une cinquantaine. Elle adorait l’art. Alors quand on lit : « Ce que l’œil n’a pas vu » … même ses rêves les plus fous d’artiste ne sont rien à côté de la beauté du ciel. « Ce que l’oreille n’a pas entendu » … elle aimait chanter, elle avait une voix magnifique. Mais même l’art, même la musique, ne peuvent pas rivaliser avec ce que Dieu a préparé. Et puis : « Ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme… » Nos plus belles idées, nos plus grandes espérances à propos du ciel… elles ne sont rien comparées à la réalité des parvis célestes.
Imaginez : vous partez en voyage avec votre mari, une destination exotique, au soleil. Vous attendez avec impatience ce moment où vous allez vous retrouver à deux. C’est une joie immense, une excitation difficile à décrire.
Dannah : Oui, absolument.
Robert : Eh bien, le ciel, c’est ça. C’est ça qui chasse la peur. Quand on commence à vraiment bien comprendre ce qui nous attend — à nous, qui aimons Christ, qui l’avons suivi, qui avons été rachetés par son sang — on a quelque chose de merveilleux à attendre. Et ça, ça devrait tout changer dans notre façon de voir la mort.
Dannah : Oui. C’est vrai. Ça devrait tout changer.
Dannah : J’adore faire de la plongée. Mon mari m’emmène souvent, très souvent même, faire des sorties en mer. J’aime être sous l’eau. Et à chaque fois, je veux juste voir quelque chose qui va m’émerveiller. Lui, il aime bien ça, mais il n’est pas autant passionné comme moi. Il m’emmène parce qu’il m’aime. Mais je me dis : Waouh. Je devrais avoir autant d’enthousiasme à l’idée d’aller au ciel que pour ces sorties de plongée, non ?
Robert : Je suis tout à fait d’accord, c’est une image magnifique.
Imaginez… vous êtes dans l’eau, disons jusqu’à la taille, peut-être jusqu’à la poitrine. Vous avez un masque et un tuba. Vous regardez à la surface, et ce que vous voyez… eh bien, c’est juste de l’eau. Rien de spécial. Mais dès que le masque passe sous la surface… vous regardez en dessous… et là, c’est le sujet dont on est en train de parler. C’est comme : Waouh ! Il y a tout un monde que je n’aurais jamais imaginé ! Et il est juste là, sous mes yeux ! C’est une image fabuleuse. J’aime beaucoup cette illustration.
Dannah : Robert, tu sais que je dois te poser la question. On a tous prié avec toi ces dernières années, alors que tu devais affronter non pas un seul, mais deux cancers. Comment est-ce que cela a affecté ta façon de voir la mort, le ciel, et la fin de vie ?
Robert :
Il y a sept ans, si vous m’aviez posé cette question, je vous aurais dit : « Je ne sais pas si je suis la bonne personne pour en parler. » J’étais un accompagnant, un aidant. Je connaissais le cancer de l’extérieur, comme spectateur. Pas comme joueur sur le terrain.
Et là, j’ai eu deux cancers, coup sur coup… Disons que Dieu est sûrement en train d’écrire mon histoire.
Dannah : Tu peux retirer le sûrement je crois !
Robert : Tu as raison. Très bonne réponse. Alors il faut avoir confiance. Je veux dire… on n’est pas obligés de faire confiance, mais on doit vraiment faire confiance que Dieu ne se trompe jamais. Il ne dit jamais : « Attendez… quoi ? C’est quoi ce diagnostic ? Huit chimiothérapies ?! Vous êtes sérieux ? » Non. Dieu sait tout cela. Il sait parfaitement.
Et si vous posiez la question à Nancy, je crois qu’elle vous dirait : il n’y avait pas d’angoisse. Nous étions en paix. Nous pouvions ressentir la présence de Dieu, tout au long du parcours.
Il y a ces situations où on se sent tellement vulnérables, comme quand on est allongé sur un brancard, en route pour le bloc opératoire. Ou encore les piqûres (j’ai arrêté de compter après cent, littéralement). Ou les biopsies. Vous êtes allongé sur le ventre, et le médecin arrive avec une perceuse Black & Decker et une mèche de 6 mm… et il perce un trou en plein dans votre colonne vertébrale. Là, vous respirez un bon coup et vous vous dites : « Tout va bien. Je ne vais pas me plaindre. Je vais faire de mon mieux pour ne pas avoir peur. »
Donc, pour répondre à votre question : je suis reconnaissant d’avoir vécu ça. Même pendant que j’écrivais ce manuscrit… parce que je n’étais plus un spectateur. J’étais passé joueur sur le terrain.
Toutes ces choses que je recommande vivement à mes lecteurs, que je les invite à méditer, à vivre… ce sont des choses que j’ai moi-même vécues.
C’est ça qui est intéressant. Quand on écrit un livre, notre propre vécu influence énormément notre capacité à en parler. Je ne sais pas quel sera le prochain livre. Parfois je me dis : « Tu étais fou d’écrire un livre sur la mort… mais à quoi tu pensais ? »
Mais le Seigneur m’a fait passer par tout ça, il m’a permis de le vivre, pour que j’aie quelque chose à raconter. Pour que je puisse encourager des gens qui pourraient dire : « C’est bien joli tout ça, mais vous avez vécu dans une tour d’ivoire. Vous ne savez pas ce que c’est. Vous l’avez étudié, théorisé… mais vous ne l’avez pas vécu. »
Eh bien maintenant, je sais. Ça m’a coûté physiquement. J’ai soixante-quinze ans. Je commence à sentir le poids des années. Et en fait, je suis arrivé à ce moment où, statistiquement, la mortalité me rattrape. Ici, aux États-Unis, l’espérance de vie pour un homme comme moi, c’est 75-77… peut-être 79 ans.
Donc, on peut dire que j’arrive exactement au bon moment. J’ai souvent dit, en plaisantant (parce que je ne peux pas m’empêcher de placer des produits !), que ce livre serait parfait sur une table à l’arrière de l’église… pendant mes propres funérailles. Mais je suis rempli de joie, et tellement reconnaissant d’avoir eu cette opportunité.
Dannah : C’était donc le témoignage de Robert, dans un entretien enregistré en 2023. Comme vous l’avez entendu, Robert était prêt pour l’éternité. Il était enthousiaste à l’idée de rencontrer son Sauveur et de vivre avec lui pour toujours.
Robert est maintenant parti rejoindre le Seigneur. Merci de continuer à prier pour son épouse Nancy, pour ses filles Missy et Julie, ainsi que pour leurs familles respectives.
J’aimerais vous laisser avec quelques mots que Nancy a écrits depuis l’hôpital, alors qu’elle se tenait aux côtés de Robert dans ses derniers jours de vie. Elle a écrit :
« C’est difficile à expliquer, mais, même au milieu de cette épreuve douloureuse, mon cœur est rempli de gratitude… et de reconnaissance. Merci à notre Sauveur “homme de douleur, habitué à la souffrance.” »
C’est une citation d’Ésaïe 53.3.
Nancy a ajouté qu’elle était reconnaissante pour ses promesses, pour sa paix, et pour l’assurance qu’un jour, toute souffrance, tout chagrin, toute maladie seront abolis, et remplacés par une adoration éternelle et une joie indescriptible dans la présence du Seigneur
Et elle a conclu par ces mots :
« Le Très-Haut règne » , tout est entre les mains de Dieu.
Merci de continuer à prier pour notre chère Nancy. C’est une vraie joie de voir comment elle vit pleinement ce qu’elle enseigne, dans une foi authentique et solide. Mais elle est en deuil, et elle a besoin de nos prières. J’espère que vous vous joindrez à nous pour la soutenir.
Merci beaucoup d’avoir été à l’écoute de Réveille Nos Cœurs aujourd’hui pour cet épisode spécial consacré à la mémoire de Robert Wolgemuth.
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La musique de ce podcast est tirée de l’album Be Still, My Soul de Nancy Leigh DeMoss
Tous les extraits de la Bible sont tirés de la version Segond 21.
Réveille Nos Cœurs est le ministère francophone de Revive Our Hearts avec Nancy DeMoss Wolgemuth.
Avec les voix de Christine et François Reymond
Quelle que soit la saison de votre vie, Réveille Nos Cœurs vous encourage à trouver la liberté, la plénitude et à porter du fruit en Christ.