Victime de la cancel culture

 « Il existe des groupes de soutien pour des parents comme nous » , me dit-elle avec un profond soupir, si profond que j’ai ressenti tout le poids qui pesait sur ses épaules. J’étais assise en face d’une mère, qui se trouvait aux prises avec la « cancel culture » . Ce que cette femme me disait ne ressemblait pas à une rhétorique politique. Cela ne ressemblait pas non plus à un message enflammé sur les réseaux sociaux. C’était le visage d’une mère qui avait été coupée de toute relation avec son fils adulte, sans aucune explication. Je lui avais proposé de nous rencontrer pour un café, car je vivais une situation similaire : une amie m’avait soudainement annoncé qu’elle allait « me bloquer » de sa vie. Aucune raison n’a été donnée. Aucun effort de réconciliation n’avait porté ses fruits.

Nous ne sommes pas les seules. Mon amie m’a raconté que des groupes de soutien pour les parents coupés de leurs enfants adultes se multiplient. C’est le résultat d’une norme culturelle croissante selon laquelle si quelqu’un ne pense pas comme toi, il faut simplement et définitivement couper tout lien avec lui. Alors que nous discutions et priions, mon amie et moi avons souvent versé des larmes. Ça fait mal de se sentir rejetée.

Certes, il y a des moments où la séparation dans une relation est une sage décision de dernier recours, mais ce n’est pas le sujet ici. Il ne s’agit pas d’une douleur causée par des abus ou de la négligence. C’est une douleur provoquée par le rejet, par le fait d’être ou de se sentir effacé de la vie de quelqu’un. Je suis sortie de cette conversation au café encouragée. Nos situations n’ont pas changé, mais nous n’étions pas seules dans notre souffrance. La solidarité est un baume si puissant.

Êtes-vous membres de ce « club »  ? Peut-être avez-vous déjà fait personnellement l’expérience que la « cancel culture » . Cela va bien au-delà d’une réaction hostile contre une célébrité (même si les célébrités restent des êtres humains). C’est une réalité de la vie dans un monde déchu et une conséquence triste de croyances postmodernes selon lesquelles la vérité est relative et personnelle, et les gens facilement jetables. Vers quelle espérance pouvons-nous nous tourner lorsque quelqu’un décide de « canceller » notre relation avec lui ?

Vivre comme des disciples de Christ

En tant que disciples de Jésus, notre mission est de vivre comme notre Sauveur. Cela inclut d’imiter son amour, sa grâce et la conviction qui font partie intégrante de son caractère, mais parfois l’application est plus littérale. Nous pouvons être semblables à Christ en faisant l’expérience de certaines des choses qu’il a lui-même vécues, notamment être « cancellé. » 

Exaspérés par les positions de Jésus, beaucoup ont essayé de le « canceller » .

 «  Les pharisiens sortirent et tinrent conseil sur les moyens de le faire mourir.  » (Matthieu 12.14)

 « Alors les pharisiens allèrent tenir conseil sur les moyens de prendre Jésus au piège de ses propres paroles. » (Matthieu 22.15)

 « Pilate leur parla de nouveau dans l’intention de relâcher Jésus, mais ils criaient : “Crucifie-le! Crucifie-le!” Pour la troisième fois, Pilate leur dit: “Quel mal a-t-il fait? Je n’ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je vais donc le relâcher après l’avoir fait fouetter.” Cependant ils insistaient à grands cris, demandant qu’il soit crucifié, et leurs cris l’emportèrent. » (Luc 23.20–23)

Les gens voulaient faire plus que rejeter ou « canceller » Jésus. Ils voulaient le tuer, effacer son impact et éradiquer son message. Lorsque nous faisons face au rejet, nous pouvons trouver un grand réconfort dans le fait que Jésus a été rejeté pour nous racheter. Il n’est pas indifférent à notre douleur. Non, Jésus connaît trop bien ce genre de tristesse.

 «  Méprisé et délaissé par les hommes, homme de douleur, habitué à la souffrance, il était pareil à celui face auquel on détourne la tête : nous l’avons méprisé, nous n’avons fait aucun cas de lui. » (Ésaïe 53.3)

Faire face au rejet, c’est marcher sur les traces de Christ.

Pourtant, il y a tellement de « et si » 

Nos esprits humains ne peuvent s’empêcher de jouer au jeu des « et si » .

  • Et si nous ne nous réconcilions jamais ?
  • Et si tout cela n’était qu’un grand malentendu ?
  • Et si je les avais blessés sans le vouloir ?
  • Et s’ils mentaient à mon sujet auprès d’autres, déclenchant un effet domino ?
  • Et s’ils étaient sortis de ma vie pour toujours ?

Ces « et si » peuvent nous rendre paranoïaques, désespérées de recoller les morceaux et nous interroger sur notre rôle dans une relation qui a déraillé. Romains 12.18 nous ramène à l’essentiel :

 « Si cela est possible, dans la mesure où cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.  » 

Lorsque les relations humaines prennent une mauvaise tournure, il y a une paix à trouver dans ces quelques mots, placés entre deux virgules :  « dans la mesure où cela dépend de vous. » 

Nous devons nous efforcer de traiter les autres comme nous aimerions être traitées (Matthieu 7.12). Lorsque nous échouons, nous devrions présenter nos excuses (Matthieu 5.9). Parce que Jésus nous a pardonné, nous devons pardonner librement aux autres (Colossiens 3.13). Mais cela ne signifie pas que toutes les relations dureront toujours. Une fois que vous avez modelé vos relations selon la Parole de Dieu, vous devez les remettre entre les mains souveraines du Sauveur qui vous aime. Vous n’avez pas le pouvoir de forcer l’autre personne à se réconcilier, à vous pardonner ou à comprendre votre point de vue. Si la paix dépend de vous, avez-vous fait votre part ? Si oui, laissez tomber et laissez Dieu prendre le relais. Quand une séparation est particulièrement douloureuse, cela peut signifier remettre la situation entre les mains de Dieu encore et encore. Courage ! Il est assez fort et attentif pour porter le poids de votre chagrin aussi souvent que vous devez le lui confier.

 « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au moment voulu. Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. » (1 Pierre 5.6-7)

Éradiquer la racine d’amertume

Il y a un domaine de responsabilité qui repose entièrement sur vos épaules, tout comme il repose sur celles de tout disciple de Jésus : mener une guerre contre l’amertume.

Dans le cas de mon amie en larmes, on lui a fait du tort. Son amour de mère a rencontré un silence glacial. Pour d’autres, les tentatives de réconciliation sont parfois confrontées à de fausses accusations, des calomnies ou un évitement passif-agressif. Même lorsqu’il y a deux versions de l’histoire, parfois nos mains sont vraiment innocentes et pourtant, nous sommes mises de côté. Que faire alors ?

D’abord, nous devons être vigilantes. Le silence douloureux est un terreau fertile pour l’amertume. Si vous avez été rejetées ou reniées, prêtez attention à cet avertissement biblique :

 « Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu, à ce qu’aucune racine d’amertume, produisant des rejetons, ne cause du trouble et que beaucoup n’en soient infectés. » Hébreux 12.15

Les Écritures nous donnent également l’herbicide spirituel pour ces racines d’amertume tenaces et persistantes :

 « Vous avez appris qu’il a été dit : “Tu aimeras ton prochain et tu détesteras ton ennemi.” Mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous détestent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent, afin d’être Fils de votre Père céleste. En effet il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » Matthieu 5.43–45

Si vous avez été rejetées, suivez le chemin de Christ en répétant des bénédictions et non des malédictions dans votre esprit pour celui qui vous a rejetées. Priez pour plus que votre propre réconfort. Priez pour que le Seigneur accorde des bénédictions à celui qui vous a causé du chagrin.

Un amour qui ne peut jamais être supprimé

Parfois, ce sont les choses brisées de la vie qui nous rapprochent de notre Sauveur. Les gens nous décevront, et nous les décevrons aussi. Lorsque le péché brise nos espoirs dans nos relations et nous laisse rejetées, « cancellés » et isolées, nous avons une espérance permanente et inébranlable à laquelle nous accrocher. Jésus nous a promis : « Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » (Hébreux 13.5).

La cancel culture peut continuer à ravager les cœurs et les foyers, mais elle a une limite. Il y a des endroits que cette façon de penser ne peut pas atteindre. Peu importe qui vous rejette ici-bas, votre relation avec Jésus est en sécurité. Prenez une tasse de café avec un ami sage. Laissez vos larmes tomber directement dans votre latte chaud. Puis rappelez-vous que Jésus vous a offert un amour et une acceptation qui ne pourront jamais, jamais être supprimés.

 « Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. » Jean 6.37

À propos de l'auteur

Erin Davis

Erin Davis est enseignante et auteure, passionnée par le désir de conduire les femmes à la source profonde de la Parole de Dieu. Elle a écrit plus d’une dizaine de livres et d’études bibliques, dont 7 Feasts, Lies Boys … En savoir plus …


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