Votre réputation est irréprochable. Vous cherchez à vivre dans la pureté. Vous ne mettez pas votre corps en avant pour attirer les regards, et vous n’avez jamais encouragé un homme à franchir certaines limites avec vous. Vous êtes fiancée à celui qui vous plaît depuis votre enfance, et il est fou amoureux de vous. Il est tendre, attentionné, et vous êtes sur un petit nuage. Bientôt, vous serez mariés et vous fonderez votre propre famille.
Puis vient le moment du mois où vous attendez vos règles… mais elles n’arrivent pas. Vous avez des nausées. Chaque matin, vous avez mal au cœur, et personne ne comprend pourquoi vous n’avez plus l’énergie nécessaire pour accomplir vos tâches quotidiennes. Votre ventre commence à s’arrondir.
Au bout de quelques mois, une rumeur commence doucement à circuler dans le village. Cette jolie jeune fille est enceinte ! Et elle n’est même pas mariée ! Quelle honte ! On n’aurait jamais cru ça d’elle. Est-ce que quelqu’un sait au moins qui est le père ?
Vous vous attendiez à ce que votre fiancé ait le cœur brisé. Il avait une tout autre image de vous. Il vous estimait, vous admirait et vous aimait sincèrement. Vous étiez certaine qu’il aurait du mal à vous regarder en face lorsqu’il apprendrait la nouvelle. Après tout, qui pourrait lui demander d’épouser une jeune femme enceinte de l’enfant d’un autre ?
Mais ce n’est pas ainsi qu’il réagit. Il continue à se montrer bon et tendre envers vous. C’est comme si, d’une manière ou d’une autre, il avait reçu des informations que les autres ignorent (Matthieu 1.19-25).
Tout le monde ne se montre pourtant pas aussi compréhensif. Des amis font semblant de ne pas vous voir lorsqu’ils vous croisent dans la rue. Certains membres de votre famille ont honte d’être associés à vous. Et vous vous demandez si tout le monde ne chuchote pas dans votre dos en se demandant ce qui a bien pu arriver à cette jeune fille discrète qui tenait tant à vivre dans la pureté.
La réaction de Marie à l’annonce de Dieu
C’est peut-être ainsi que Marie s’est sentie. Aujourd’hui, nous connaissons Marie comme la mère de Jésus, la vierge dont parle Ésaïe 7.14 : « Voilà pourquoi c’est le Seigneur lui-même qui vous donnera un signe : la vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et l’appellera Emmanuel. »
Mais pouvez-vous imaginer ce qu’elle a pu ressentir lorsque tout le monde a appris qu’elle était enceinte avant son mariage ? Lorsque l’ange Gabriel lui a annoncé que Dieu l’avait choisie pour porter dans son ventre le Sauveur du monde, s’est-elle sentie dépassée par cette nouvelle ?
La mission que Dieu lui confiait n’allait pas lui apporter la popularité ni lui faciliter la vie. Aux yeux de certains, sa réputation serait à jamais entachée. Mais Dieu nous appelle parfois à faire des choses et à traverser des saisons que nous ne comprenons pas. Alors, lorsque Marie s’est retrouvée dans cette situation, comment a-t-elle réagi ?
Ouvrons nos Bibles dans Luc 1 et regardons cela de plus près. En lisant ce passage, trois choses me frappent particulièrement.
1. Même si elle n’était pas certaine de ce qui allait arriver, Marie n’a pas résisté
Lorsque l’ange Gabriel lui a expliqué le plan de Dieu, Marie n’a pas refusé d’avancer sous prétexte qu’elle ne pouvait pas encore en voir toute l’histoire. Nous, en revanche, on aimerait souvent connaître tous les détails, n’est-ce pas ?
Récemment, je gardais une petite fille qui m’a demandé de lui dessiner un bonhomme. J’ai commencé par tracer quelques lignes et quelques formes qui, prises séparément, ne ressemblaient pas à grand-chose. Avant même que j’aie terminé la moitié du dessin, elle l’a regardé d’un œil critique et m’a dit : « Ça ne ressemble pas à un bonhomme, ça ! »
Elle ne voyait pas encore l’ensemble. De son point de vue, le dessin était raté et les traits n’avaient aucun sens. Mais ce n’était que le début. Une fois le dessin terminé, ces premières lignes qui semblaient inutiles ont pris tout leur sens.
Marie aurait facilement pu réagir de la même manière. Elle aurait pu ne regarder que ce qui se trouvait devant elle : la honte qui risquait de s’abattre sur elle et le jugement des personnes qu’elle aimait. Elle aurait pu réagir uniquement en fonction de ce qu’elle voyait à ce moment-là.
Mais au lieu de cela, sa foi en la souveraineté de Dieu lui a permis de lui faire confiance et d’avancer dans un avenir rempli d’inconnues.
2. L’abandon de Marie n’était pas conditionnel
Son abandon total à la volonté de Dieu ne dépendait ni des circonstances ni des avantages qu’elle pouvait retirer de cette situation.
Pour autant qu’elle le sache, son fiancé pouvait la quitter. Elle pouvait être rejetée par son entourage. Sa famille pouvait avoir honte d’être associée à une femme que tout le monde prendrait pour une adultère. Et elle pouvait se retrouver seule à élever cet enfant si particulier.
Pourtant, Marie s’est soumise à l’appel de Dieu malgré toutes ces inconnues, malgré son désir probable de mener avec Joseph une vie simple et sans complications.
3. Marie n’a pas exigé de réponses de Dieu
Luc 1 ne mentionne qu’une seule question posée par Marie, sans doute la plus évidente et la plus concrète : « Comment cela se fera-t-il, puisque je n’ai pas de relations avec un homme ? » (v. 34).
Une seule question.
Si vous aviez été à sa place, vous auriez probablement eu mille questions en tête, n’est-ce pas ?
Comment est-ce possible que je sois enceinte ? Est-ce que je suis prête à devenir mère maintenant ? Et à devenir la mère du Fils de Dieu ? Je ne suis pas prête pour ça ! Et Joseph ? Qu’est-ce que je vais lui dire ? Et quand le bébé sera né, qu’est-ce qui va se passer ? Comment est-ce que je suis censée élever le Créateur de l’univers ?
Mais Marie s’est contentée de poser une seule question et, pour tout le reste, autant que nous le sachions, elle a fait confiance à Dieu.
L’ange lui répondit : « Le Saint-Esprit viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Voici qu’Élisabeth, ta parente, est elle aussi devenue enceinte d’un fils dans sa vieillesse. Celle que l’on appelait “la stérile” est dans son sixième mois. En effet, rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit : « Je suis la servante du Seigneur. Que ta parole s’accomplisse pour moi ! » Et l’ange la quitta. (Luc 1.35-38)
Avez-vous remarqué toute la portée des paroles de Marie ? Elles montrent un cœur entièrement abandonné à Dieu, une confiance totale dans la perfection de son plan et de son calendrier.
« Je suis la servante du Seigneur. Que ta parole s’accomplisse pour moi ! »
Traversez-vous en ce moment une saison de votre vie qui n’a tout simplement aucun sens ? Vous n’arrivez pas à voir l’ensemble du tableau et les questions se bousculent dans votre tête ?
Comment tout cela va-t-il pouvoir s’arranger, Seigneur ? Tu vois bien que ça fait mal, que je souffre ! Qu’est-ce que tu es en train de faire dans cette situation ?
L’exemple de la foi de Marie, cette foi qui croit que l’impossible est possible avec Dieu, peut nous encourager à lui accorder toute notre confiance.
Et vous ?
- Avez-vous parfois du mal à faire confiance à Dieu face à toutes les incertitudes de la vie ?
- Qu’est-ce qui vous encourage particulièrement dans la confiance que Marie a placée en son Sauveur ?
Parlons-en...