Vous pouvez faire confiance à Dieu pour le salut de votre enfant

Quand mes enfants étaient petits, je n’étais pas une mère particulièrement stricte sur le port du casque à vélo ou l’application de crème solaire. Il m’arrivait souvent de leur donner des aliments peu sains, et je les laissais sauter sur notre trampoline sans filet de sécurité. Pourtant, malgré mon relatif laisser-aller concernant leur santé et leur sécurité, une préoccupation m’empêchait de dormir la nuit : leur salut.

Je ne m’inquiétais ni des courants marins, ni des enlèvements, ni des réactions allergiques. Ce qui me préoccupait, c’étaient les paroles de Jésus : 

 « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps en enfer. » (Matthieu 10.28). 

Rien ne me terrifiait plus que l’idée qu’un de mes enfants emprunte le large chemin menant à la perdition. Je désirais de tout mon cœur qu’ils choisissent chacun le sentier étroit qui mène à la vie (Matthieu 7.13). Mais malheureusement, je croyais que c’était mon rôle de les y conduire.

Mes enfants se souviennent encore très bien du jour où j’ai voulu illustrer l’enfer avec une bougie. Ce jour-là, je les avais rassemblés pour un moment de lecture biblique et leur parlais sérieusement de leur besoin de salut — ce qui, en soi, n’avait rien d’inhabituel. Mais cette fois, alors que j’évoquais le péché, Jésus et la croix, Cade, qui n’avait que quatre ans à l’époque, faisait le pitre en jouant avec notre chien, Theo.

Exaspérée, j’ai éteint les lumières, allumé une bougie et tenu la petite main potelée de Cade au-dessus de la flamme jusqu’à ce qu’il ressente une chaleur inconfortable. Comme on peut l’imaginer, j’ai aussitôt capté l’attention de tout le monde. J’ai alors parlé avec ferveur du lac de feu, des ténèbres et des grincements de dents en enfer (Apocalypse 19.20 ; Luc 13.28).

Mes enfants prétendent également que j’ai traité Théo « d’ange de Satan » parce qu’il les distrayait de la vérité (2 Corinthiens 12.7). Tout cela a laissé une forte impression — mais pas celle que j’espérais. Mes enfants me prenaient pour une folle ! Ils avaient plus peur de moi que de l’enfer. Théo, lui, continuait de remuer la queue, indifférent à tout ce tumulte.

Je vous assure, je ne suis pas complètement folle. Mes enfants ont survécu et, heureusement, malgré cet épisode avec la bougie (ou d’autres du même genre), ils aiment Jésus et le suivent. Mais peut-être vous demandez-vous ce qui a bien pu pousser une mère à éteindre les lumières et à tenir la main de son petit au-dessus d’une flamme. Je le sais : c’était la peur. La colère. Mais surtout, un besoin de contrôle.

Le besoin de contrôle

À la lueur vacillante de la bougie, j’ai pris conscience de ce qui me motivait réellement : la peur. Peur qu’ils n’écoutent pas. Peur qu’ils ne réagissent pas. Peur de ne pas réussir à les convaincre. Puis, j’ai aussi réalisé ma colère. Colère contre le chien qui les distrayait. Colère de ne pas parvenir à capter leur attention. Colère parce que mes plans pour leur transmettre la vérité étaient chamboulés. Ma peur et ma colère étaient flagrantes, mais je restais aveuglée par la véritable racine du problème : mon besoin de contrôle.

En tant que personne qui chérit la souveraineté de Dieu, je trouve qu’il y a une certaine ironie avec mon combat pour le contrôle. Je suis la première à affirmer que Dieu est libre d’agir comme il le veut. La première à reconnaître que le salut est entièrement entre ses mains. Alors pourquoi est-ce que j’ai allumé des bougies ?

Apparemment, je croyais devoir exercer une pression sur le cœur de mes enfants, les accabler de honte à cause de leur péché. Il me semblait juste et légitime de prendre sur moi la responsabilité de leur repentance. M’approprier leur destinée ne me paraissait pas seulement possible, mais aussi honorable, comme si une « bonne mère » devait forcément trouver le moyen de convaincre ses enfants de se repentir et d’être sauvés.

Et pourtant, chercher à tout contrôler — même dans un domaine aussi essentiel que le salut de mes enfants — n’apporte jamais la sécurité, la paix et la joie que j’imagine. Lorsque je prends sur mes épaules le fardeau du contrôle, non seulement je m’épuise sous son poids, mais je deviens aussi la pire version de moi-même : irritable, anxieuse, obsédée, perfectionniste, agitée, nerveuse… et, oui, allumant des bougies.

Rébecca et la prophétie

Rébecca, la mère de Jacob et d’Ésaü, a vécu le même combat. Comme moi, elle croyait fermement que Dieu avait scellé le destin de ses fils. Pourtant, à l’instar de mon propre égarement, elle a cru, à tort, qu’il était juste et légitime de se substituer à Dieu et de prendre le contrôle.

Il est vrai que Rébecca se trouvait dans une situation particulière. Avant même la naissance de ses jumeaux, Dieu lui avait annoncé par prophétie : 

 « L’Éternel lui dit : “Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples, issus de toi, se sépareront. Un de ces peuples sera plus fort que l’autre, et le grand sera asservi au petit” » (Genèse 25.23, gras ajouté).

Cette prophétie s’inscrivait dans la continuité de celle faite à Abraham au sujet de sa descendance, mais la mention de la « division » était inédite. Rébecca a sans doute été troublée en découvrant que sa lignée se scinderait en deux : Jacob, le cadet, deviendrait l’ancêtre du peuple de Dieu, tandis que son frère aîné en deviendrait l’ennemi. Pourtant, un événement encore plus troublant allait survenir.

Une fois les jumeaux devenus adultes, Isaac, le mari de Rébecca, envisagea de bénir Ésaü, conformément à la tradition réservée à l’aîné, et de le désigner comme chef du peuple de Dieu. Ignorant totalement la prophétie divine, il s’apprêtait à aller à l’encontre du dessein de Dieu. Alors, que fit Rébecca ? Elle décida de déjouer les plans de son mari.

Je suis certaine que Rébecca était persuadée d’agir pour le bien en déguisant Jacob avec les vêtements d’Ésaü et en lui plaçant entre les mains un plat fumant. Elle devait être convaincue qu’il était nécessaire d’orchestrer cette mise en scène pour tromper son mari et l’amener à bénir le fils légitime — celui que Dieu avait choisi (Genèse 27). Mais en prenant ainsi les choses en main, Rébecca n’a pas agi avec foi. En manipulant les événements et en cherchant à tout contrôler, elle n’a pas honoré la souveraineté de Dieu. Elle ne lui a pas fait confiance et n’a pas attendu de voir comment il accomplirait ses promesses. Au contraire, son attitude a révélé à quel point elle doutait de lui. Plutôt que de s’en remettre à Dieu, elle a préféré compter sur elle-même pour diriger les événements.

Il en va de même pour moi, ce jour-là, lorsque j’ai allumé cette bougie — et bien d’autres jours encore. L’histoire de Rébecca est un avertissement puissant contre l’illusion de pouvoir et devoir tout contrôler. Pourtant, elle offre aussi un étrange sentiment de réconfort et de sérénité.

Une vérité réconfortante

Lorsque j’ai découvert que, bien avant la naissance des jumeaux de Rébecca, Dieu avait déjà choisi quelle branche de leur lignée serait bénie, une multitude de questions et de préoccupations ont surgi en moi concernant le salut de mes propres enfants — et de toutes les personnes que je désire voir sauvées. L’idée que nos destinées puissent être séparées, comme la famille de Rébecca, est profondément troublante et effrayante !

Et pourtant, au cœur de la prophétie donnée à Rébecca, se cache une vérité essentielle, précieuse pour les mères ayant du mal à lâcher prise, comme moi. La voici : le salut de votre enfant ne dépend pas de sa mère. Jacob et Ésaü avaient la même mère. Rébecca n’a été ni la raison pour laquelle Jacob a suivi Dieu ni celle pour laquelle Ésaü s’en est éloigné.

Pour trouver du réconfort, il faut envisager l’alternative. Et si, au lieu d’une prophétie, Rébecca avait reçu un commandement ? Et si Dieu lui avait confié la responsabilité des destinées de ses fils, plaçant ce fardeau directement sur ses épaules ? Et s’il avait exigé d’elle qu’elle insuffle une foi sincère et honorable dans le cœur de ses deux garçons ? Et si Dieu attendait cela de moi ?

Et si c’était mon rôle de contraindre mes enfants à suivre le chemin étroit ? Si leur destinée éternelle dépendait de ma capacité à les faire écouter, comprendre, se repentir et suivre le Seigneur ? Quelle angoisse ! Quelle pression écrasante ! Je n’ose imaginer la mère que je deviendrais, entre mes bougies, mes crises et les stratégies obsessionnelles pour tout contrôler.

Et même si je parvenais à habiller mon enfant, à le pousser et à le forcer à recevoir la bénédiction de Dieu, qu’est-ce que cela révèlerait ? Dieu ne serait plus souverain, ce serait moi. Et quel réconfort pourrais-je bien trouver dans une telle illusion ?

Dieu est aux commandes

Il n’y a ni soulagement ni sécurité à croire que je peux dicter la destinée de mon enfant. Absolument aucun ! L’acharnement frénétique de Rébecca en est la preuve éclatante.

En tant que parents, nous avons le privilège de présenter à nos enfants les trésors de l’Évangile et de leur faire voir toute leur splendeur, mais notre responsabilité s’arrête là. Le salut est l’œuvre de Dieu, et non la nôtre. Quelle source de réconfort 

La prophétie donnée à Rébecca avait pour but de nous rappeler, en tant que mères, pères, voisins et amis, que nous n’avons aucun pouvoir sur la destinée de qui que ce soit. Comme il est écrit dans Romains 9.16 : 

 « Cela ne dépend donc ni de celui qui veut ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait grâce. » 

La destinée de mon enfant repose entre les mains sages et pleines de miséricorde de Dieu, et non entre mes mains tremblantes, prêtes à allumer des bougies. Dieu est aux commandes, ce n’est pas mon rôle.

Cet article est tiré en grande partie du livre de Shannon, Control Girl : Lessons on Surrendering Your Burden of Control from Seven Women in the Bible .

 

À propos de l'auteur

Shannon Popkin

Shannon Popkin est heureuse de partager la vie avec son mari, Ken. Ensemble, ils ont la joie de voir leurs trois enfants devenus jeunes adultes devenir de merveilleuses personnes. Que ce soit sur scène, à l’écrit ou derrière un micro … En savoir plus …